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PHQ-9, GAD-7, HADS, WHO-5… quels auto-questionnaires utiliser pour accompagner le repérage des troubles de santé mentale ?
Un patient consulte pour une fatigue persistante. Un autre évoque des maux de tête à répétition. Un troisième parle simplement d’un manque d’énergie, de difficultés à dormir ou d’une perte d’intérêt depuis plusieurs semaines.
Ces symptômes peuvent avoir de nombreuses causes. Mais ils peuvent aussi s’accompagner d’une anxiété, d’un épisode dépressif ou d’une souffrance psychique qui n’est pas nécessairement exprimée spontanément pendant la consultation.
Et l’enjeu est loin d’être marginal.
En France, 15,6 % des adultes de 18 à 79 ans ont vécu un épisode dépressif caractérisé au cours de l’année 2024, soit près d’un adulte sur six. Parmi les personnes concernées, 44 % n’ont bénéficié d’aucune prise en charge en lien avec leur santé mentale. Le médecin généraliste reste le premier professionnel consulté lorsqu’une prise en charge a lieu. (1)
L’anxiété est également fréquente : 6,3 % des adultes de 18 à 79 ans ont été concernés par un trouble anxieux généralisé en 2024, et près de 30 % d’entre eux n’ont eu aucun recours aux soins pour leur santé mentale. (2)
L’impact sur le système de santé est également considérable. En 2024, les maladies et traitements psychiatriques représentaient 29,1 milliards d’euros de dépenses remboursées par l’Assurance Maladie, soit environ 14 % de l’ensemble des dépenses étudiées dans sa cartographie médicalisée. (3)
Dans ce contexte, les auto-questionnaires peuvent aider à structurer le repérage de certains symptômes et à faciliter leur exploration avec le patient.
PHQ-9, GAD-7, HADS, WHO-5… quel outil utiliser et dans quelle situation ?
Conclusion
Les auto-questionnaires de santé mentale peuvent constituer des outils simples et utiles pour mieux repérer certains symptômes avant ou pendant une consultation.
Le PHQ-9 et le PHQ-2 permettent d’explorer les symptômes dépressifs. Le GAD-7 et le GAD-2 sont centrés sur l’anxiété. La HADS explore simultanément anxiété et symptômes dépressifs et présente un intérêt particulier chez les patients présentant également une pathologie somatique. Le WHO-5, enfin, adopte une approche différente en évaluant le bien-être psychologique.
Ils n’ont cependant pas vocation à remplacer l’entretien clinique.
Leur intérêt réside surtout dans leur capacité à faire émerger une information, la structurer et faciliter le dialogue avec le patient.
Utilisés en amont de la consultation et interprétés par un professionnel de santé, ils peuvent ainsi contribuer à intégrer plus facilement la santé mentale dans la prévention et les soins courants.
(1) Santé publique France. Épisodes dépressifs : prévalence et recours aux soins. Baromètre de Santé publique France : résultats de l’édition 2024.
(2) Santé publique France. Trouble anxieux généralisé : prévalence et recours aux soins. Baromètre de Santé publique France : résultats de l’édition 2024.
(3) Caisse nationale de l’Assurance Maladie. Barthélémy P. et al. Les déterminants de la croissance des dépenses de santé de 2015 à 2024 : une analyse médicalisée.
(4) Haute Autorité de Santé. Épisode dépressif caractérisé de l’adulte : prise en charge en soins de premier recours – Diagnostic. Octobre 2017.
(5) Kroenke K., Spitzer R.L., Williams J.B.W. The PHQ-9: Validity of a Brief Depression Severity Measure. Journal of General Internal Medicine, 2001;16(9):606-613.
(6) Department of Veterans Affairs / Department of Defense. VA/DoD Clinical Practice Guideline for Assessment and Management of Patients at Risk for Suicide. 2024.
(7) Kroenke K., Spitzer R.L., Williams J.B.W. The Patient Health Questionnaire-2: Validity of a Two-Item Depression Screener. Medical Care, 2003;41(11):1284-1292.
(8) Spitzer R.L., Kroenke K., Williams J.B.W., Löwe B. A Brief Measure for Assessing Generalized Anxiety Disorder: The GAD-7. Archives of Internal Medicine, 2006;166(10):1092-1097.
9) Aktürk Z. et al. Generalized Anxiety Disorder 7-item (GAD-7) and 2-item (GAD-2) scales for detecting anxiety disorders in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2025. Revue portant sur 48 études et 19 228 participants.
(10) Zigmond A.S., Snaith R.P. The Hospital Anxiety and Depression Scale. Acta Psychiatrica Scandinavica, 1983;67(6):361-370.
(11) Bocéréan C., Dupret E. A validation study of the Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) in a large sample of French employees. BMC Psychiatry, 2014;14:354.
(12) Mapi Research Trust. Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) – informations sur l’instrument et conditions d’utilisation.
(13) Organisation mondiale de la Santé. The World Health Organization-Five Well-Being Index (WHO-5). 2024.
(14) University of New South Wales / Psychology Foundation of Australia. Depression Anxiety Stress Scales - DASS.
(15) Cohen S., Kamarck T., Mermelstein R. A Global Measure of Perceived Stress. Journal of Health and Social Behavior, 1983;24(4):385-396. Article fondateur de la Perceived Stress Scale (PSS).
(16) Kessler R.C. et al. K6 and K10 Scales. Les échelles K6 et K10 évaluent la détresse psychologique non spécifique et existent en versions auto-administrées et administrées par un enquêteur. Harvard University.
(17) Beck A.T., Steer R.A., Brown G.K. Beck Depression Inventory-II (BDI-II). Pearson Assessments, 1996. Questionnaire de 21 items auto-administrable destiné à mesurer l’intensité des symptômes dépressifs ; son utilisation est soumise aux conditions commerciales de Pearson.
(18) Sheehan D.V. et al. The Mini-International Neuropsychiatric Interview (M.I.N.I.): The Development and Validation of a Structured Diagnostic Psychiatric Interview for DSM-IV and ICD-10. Journal of Clinical Psychiatry, 1998;59(Suppl 20):22-33. Le MINI est un entretien diagnostique structuré et non un auto-questionnaire.







